Le Conseil scientifique donne ses conditions pour réussir le déconfinement

Le 6 mai 2021, le Conseil scientifique a remis un avis aux autorités sur les mesures à tenir pour réussir le déconfinement et éviter une quatrième vague cet été ainsi que l’installation sur le territoire d’une « situation chronique » avec une circulation virale plus ou moins maîtrisée. Prenant en compte la « grande lassitude de la population, d’autant plus préjudiciable à la santé mentale que le risque clinique est resté durablement élevé », l’organisation a pointé les bonnes conditions d’une reprise « prudente et maîtrisée », accompagnée d’objectifs sanitaires.

Les indicateurs de l’épidémie sont en baisse, certes, mais les centres hospitaliers restent en tension, à la fois dans les soins critiques, (au 05/06/2021, le pourcentage de patients Covid en réanimation rapporté au total des lits disponibles avant le début de la crise était supérieur de 107 % au niveau national), “mais aussi dans les autres secteurs, où la prise en charge des autres patients est dégradée et où les soignants sont en souffrance” – souligne APM News.

Objectif : 35 millions de primovaccinés fin 2021

Pour un déconfinement réussi, la vaccination est « une grande partie de la solution ». Le Conseil scientifique table sur « 500 000 personnes vaccinées par jour au moins » – ou 35 millions de personnes primo-vaccinées d’ici fin juin 2021. En effet, si le niveau de circulation du virus est bas, avec « par exemple une incidence inférieure à 100 cas pour 100 000 habitants par semaine soit 10 000 nouveaux cas par jour (contre 20 000 aujourd’hui), profitant de la dynamique descendante en cours, les mois qui viennent seront beaucoup plus faciles à gérer ». En revanche, si l’incidence du Covid est supérieure à 100/100 000, « les mois qui viennent seront très incertains ». La campagne vaccinale reste donc centrale d’aujourd’hui à fin juin, « période difficile où se poursuivra la course de vitesse entre variants et vaccination ».

Mesures de distanciation sociale de rigueur

Tous les bons réflexes établis jusqu’à ce jour pour lutter contre l’épidémie restent centraux : dépistages – même chez les citoyens asymptomatiques – ainsi que distanciation sociale et prudence, afin de stabiliser un plateau bas d’incidence.
À quel niveau ? La question est centrale : « nos voisins européens ont choisi des niveaux d’incidence allant de 100 à 50/100 000/semaine comme objectifs. Si on continuait sur la pente de décroissance actuelle, on les atteindrait respectivement les 25 mai et 15 juin 2021 », soutient le Conseil scientifique, qui prône l’option d’un plateau bas « nettement préférable à celle d’un plateau haut ».

En pratique

Deux approches sont soutenues par l’organisation pour réussir le relâchement des mesures de restriction : « nationale ou régionale, avec une réouverture par paliers selon des seuils à définir pour le niveau de saturation en soins critiques, l’incidence et le taux de reproduction, la proportion de personnes vaccinées ou infectées naturellement en population et le niveau de circulation des variants (en particulier, le pourcentage de virus présentant la mutation 484K) » – précise APM News. Effectivement, « le relâchement des mesures de restriction ne doit pas être considéré comme un signal de relâchement général ».

Sources : Avis du Conseil Scientifique du 6 mai 2021, APM News, Le Monde



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