déconfinement

Vers un retour à la normale dans les Ehpad

Depuis le mercredi 19 mai, un retour à la normale s’installe dans les établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD). C’est une étape prévue depuis plusieurs semaines dans le protocole d’allègement post-vaccinal du Ministère des solidarités et de la santé, à destination des Ehpad, des unités de soins de longue durée (USLD), et des résidences autonomie et résidences services senior.

Une nouvelle étape vers la liberté des résidents

La Ministre déléguée à l’autonomie, Brigitte Bourguignon a acté mercredi  la mise en place d’un nouveau protocole à destination des directeurs d’établissements accueillant des personnes âgées ; «qui constitue une nouvelle étape dans l’assouplissement des mesures de protection».

En pratique : tous les accueil de jours sont réouverts, «y compris ceux qui n’ont pas d’entrée séparée au sein d’un établissement» afin de redonner de la liberté aux résidents. «Les résidents des établissements pour personnes âgées bénéficient ainsi, comme le reste de la population générale, de la possibilité de voir leurs proches et du respect de leur liberté d’aller et venir.» «Les visites doivent ainsi pouvoir être garanties et les directions d’établissements sont invitées à tout mettre en oeuvre pour permettre aux personnes âgées et à leurs familles de se retrouver».

Un retour progressif à la normale, donc, mais avec «avec une vigilance renforcée en cas de symptômes évocateurs du virus, notamment chez les personnes non encore vaccinées». En cas de trois cas de Covid-19, «des mesures de protection immédiates [doivent être] prises, pour une durée limitée à la seule maîtrise du cluster». En effet, «l’ensemble des recommandations d’assouplissement présentées […] s’inscrivent dans un contexte de multiples incertitudes et d’instabilité épidémiologique et immunologique portant sur l’évolution de la pandémie localement ou nationalement, l’apparition de plusieurs variants » et « l’impact de la vaccination sur la circulation du virus».

«Les données scientifiques restent encore préliminaires et non encore consolidées. La couverture vaccinale des résidents et surtout des professionnels en ESMS [établissements et services médico-sociaux] ne permet pas pour l’instant de revenir à une vie sociale sans contrainte d’organisation et d’hygiène spécifique à la situation pandémique actuelle», souligne le Ministère.

Sans « vaccination massive des professionnels », pas de retour à la normale

Hors cas de cluster, pour un «retour à la vie normale», les directions d’établissement doivent «[lever] les mesures de gestion de l’épidémie en fonction de l’avancement de la campagne vaccinale et de la situation épidémique locale» et maintenir évidement l’observance des mesures de gestes barrières.

Vaccination et test des professionnels

La vaccination du personnel soignant est un enjeu éthique incontournable à la réussite de cette nouvelle étape, pour le Ministère. «Sans une vaccination massive des professionnels, un retour à la normale dans les établissements ne sera pas possible» A défaut d’être vaccinés, les personnes «intervenant auprès des personnes âgées doivent se faire tester très régulièrement» . Le protocole requiert «des opérations de dépistage hebdomadaires des professionnels par tests RT-PCR ou par tests antigéniques (…) organisées au sein des établissements»  et « les professionnels doivent être testés systématiquement à leur retour de congés et après s’être exposés à toute situation à risque». Ces campagnes hebdomadaires de dépistage devront également permettre de rechercher les formes variantes du Covid-19.

Source : AMP News

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Le Conseil scientifique donne ses conditions pour réussir le déconfinement

Le 6 mai 2021, le Conseil scientifique a remis un avis aux autorités sur les mesures à tenir pour réussir le déconfinement et éviter une quatrième vague cet été ainsi que l’installation sur le territoire d’une « situation chronique » avec une circulation virale plus ou moins maîtrisée. Prenant en compte la « grande lassitude de la population, d’autant plus préjudiciable à la santé mentale que le risque clinique est resté durablement élevé », l’organisation a pointé les bonnes conditions d’une reprise « prudente et maîtrisée », accompagnée d’objectifs sanitaires.

Les indicateurs de l’épidémie sont en baisse, certes, mais les centres hospitaliers restent en tension, à la fois dans les soins critiques, (au 05/06/2021, le pourcentage de patients Covid en réanimation rapporté au total des lits disponibles avant le début de la crise était supérieur de 107 % au niveau national), “mais aussi dans les autres secteurs, où la prise en charge des autres patients est dégradée et où les soignants sont en souffrance” – souligne APM News.

Objectif : 35 millions de primovaccinés fin 2021

Pour un déconfinement réussi, la vaccination est « une grande partie de la solution ». Le Conseil scientifique table sur « 500 000 personnes vaccinées par jour au moins » – ou 35 millions de personnes primo-vaccinées d’ici fin juin 2021. En effet, si le niveau de circulation du virus est bas, avec « par exemple une incidence inférieure à 100 cas pour 100 000 habitants par semaine soit 10 000 nouveaux cas par jour (contre 20 000 aujourd’hui), profitant de la dynamique descendante en cours, les mois qui viennent seront beaucoup plus faciles à gérer ». En revanche, si l’incidence du Covid est supérieure à 100/100 000, « les mois qui viennent seront très incertains ». La campagne vaccinale reste donc centrale d’aujourd’hui à fin juin, « période difficile où se poursuivra la course de vitesse entre variants et vaccination ».

Mesures de distanciation sociale de rigueur

Tous les bons réflexes établis jusqu’à ce jour pour lutter contre l’épidémie restent centraux : dépistages – même chez les citoyens asymptomatiques – ainsi que distanciation sociale et prudence, afin de stabiliser un plateau bas d’incidence.
À quel niveau ? La question est centrale : « nos voisins européens ont choisi des niveaux d’incidence allant de 100 à 50/100 000/semaine comme objectifs. Si on continuait sur la pente de décroissance actuelle, on les atteindrait respectivement les 25 mai et 15 juin 2021 », soutient le Conseil scientifique, qui prône l’option d’un plateau bas « nettement préférable à celle d’un plateau haut ».

En pratique

Deux approches sont soutenues par l’organisation pour réussir le relâchement des mesures de restriction : « nationale ou régionale, avec une réouverture par paliers selon des seuils à définir pour le niveau de saturation en soins critiques, l’incidence et le taux de reproduction, la proportion de personnes vaccinées ou infectées naturellement en population et le niveau de circulation des variants (en particulier, le pourcentage de virus présentant la mutation 484K) » – précise APM News. Effectivement, « le relâchement des mesures de restriction ne doit pas être considéré comme un signal de relâchement général ».

Sources : Avis du Conseil Scientifique du 6 mai 2021, APM News, Le Monde

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3 questions à Bernard Briatte, Président de l’URPS Chirurgiens-dentistes Occitanie

3 questions à Bernard Briatte, Président de l’URPS Chirurgiens-dentistes Occitanie

Un an après le début de l’épidémie : qu’est-ce que le Covid a changé à votre profession ?
Les chirurgiens-dentistes sont des professionnels de santé habitués à manier et à porter du matériel médical de protection, comme le masque et les gants et à gérer le risque infectieux. Cette image hautement sécurisée de notre exercice ne fait que renforcer le professionnalisme de la profession. Ceci étant, avec la crise sanitaire, les chirurgiens-dentistes ont dû renforcer leurs mesures de précaution. Ce qui s’est traduit par repenser l’organisation des rendez-vous et la gestion des soins (les cabinets soignent moins de patients), et le respect de protocoles d’hygiènes stricts (la protection des patients et des praticiens nécessite plus de matériel).

Comment se protéger en tant que professionnel ?
Les chirurgiens-dentistes sont clairement les professionnels de santé les plus exposés. Ils sont pourtant moins contaminés que les autres professionnels de santé. Discipline et rigueur sont sans doute les clefs de voute de cette protection
Si cette crise n’a pas entaché leur moral (73% des praticiens restent globalement satisfaits de leur métier malgré la crise contre 79% en 2019, cf Information dentaire 12/2020), elle a par contre sans aucun doute remis fortement en évidence l’importance du bien-être au cabinet dentaire.

Est-ce que le Covid a modifié votre rapport aux patients ?
Contrairement au reste de la population qui est majoritairement en télétravail, les chirurgiens-dentistes sont au contact humain tous les jours. Le rôle sociétal du chirurgien-dentiste est renforcé. Instaurant un rapport d’empathie face à la douleur de ses patients, le chirurgien-dentiste se trouve dans une position valorisante, alors même que la société et en crise.
Mais au quotidien, la communication « non verbale » est plus difficile avec les masques.

Que vous permet votre organisation en URPS ?
L’URPS a permis l’obtention des EPI indispensables à la reprise : la recherche et l’achat d’équipements de protection individuelle (EPI) par l’URPS ont permis que les gardes soient assurées en toute sécurité dans toute la région et que les praticiens puissent reprendre leur activité dès le déconfinement.

Aussi, l’URPS a permis d’informer nos confrères, notamment par la mise en place d’un éco-système digital (site internet et page Facebook). L’URPS informe les praticiens occitans des dernières actualités sur la Covid que ce soit en lien avec leur exercice professionnel ou leur environnement de santé.

Et demain, comment améliorer cette organisation ?
Cette crise sanitaire a mis en évidence la nécessité de renforcer « l’interpro » pour une meilleure communication à destination des professionnels de santé. Renforcer l’union des professions de santé libérales, par la mutualisation de leurs outils et moyens de communication, permettrait une meilleure synergie à destination des professionnels de santé en cas de force majeure.

Publié par lsp dans COVID 19 : la parole aux URPS