COVID 19 : la parole aux URPS

Jean-François Bouscarain, de l’URPS Infirmiers

Jean-François Bouscarain, de l’URPS Infirmiers

Un an après le début de l’épidémie, comment les infirmiers libéraux d’Occitanie poursuivent-ils leur élan ? Comment s’organisent-ils pour assurer la couverture de soin sur tout le territoire ? Comment parviennent-ils à s’entraider avec les autres URPS ? Réponses de Jean-François Bouscarain, de l’URPS Infirmiers.

Comment vous sentez-vous, presque un an après le début de la pandémie ?

Je répondrai deux manières : avec le je et avec le nous. Comme tous les citoyens, je suis fatigué. Mais pas la fatigue physique que je peux connaître quand je suis dans ma tournée ; plutôt parce que depuis le mois de mars, on a des changements de doctrines permanents. Et la profession est comme moi : fatiguée.

Comment vous-organisez pour accompagner aujourd’hui les besoins de la population territoriale ?

On a une contrainte lourde : la continuité des soins. La notion de groupe est importante, c’est la première strate d’équipe de soins primaires (inscrite dans la loi), d’un triptyque autour du patient : médecin, infirmier, pharmacien. Il est essentiel sur le territoire. Le patient a une problématique, et pour 9 soins sur 10, avec ces trois soignants, il s’en sort.

L’organisation en URPS comme la nôtre a eu une contrainte extrêmement forte : n’oublier personne. On sait pertinemment que les territoires sont inégaux en matière d’accès aux soins, et en matière de CPTS. Notre mission, c’est essentiellement de mettre en posture l’ensemble des 15 000 professionnels infirmiers du territoire, de leur donner la bonne information. Après, eux, ils en font ce qu’ils veulent, pour que ça corresponde à leurs territoires. On soigne différemment en Lozère, à La Grande Motte ou au cœur de Toulouse ou de Montpellier. Par contre, la posture, c’est exactement la même. Notre rôle, tout le long de la crise, c’est de faire des notes d’analyses à l’ARS, à la préfecture, ou à l’Assurance Maladie pour dire ce qui marche ou qui ne marche pas. Il faut qu’on soit force de proposition. Et il faut bien connaitre la profession pour dire « oui, on va y arriver' ». Le job est là.

Que vous permet votre organisation en URPS en ce moment ? Dans la diffusion de l’information, ou sur la rotation du personnel par exemple.

Nous recevons des directives de l’administration, pas forcément adaptés avec la réalité du métier. Je vous donne un exemple : la posture des infirmiers dans un EHPAD, c’était un document de 25 pages. Comment voulez-vous, en période aussi difficile, qu’une infirmière libérale puisse lire 25 pages ?

Nous avons mis en place des modes de communication privilégiés. Nous, les infirmiers, on est en ambulatoire, en mobilité, donc on privilégie le SMS, les messages courts. Pendant la période la plus critique, je tournais des vidéos, où j’expliquais la posture adéquate. Chaque semaine, on hiérarchise l’information, selon les zones. On a un logiciel qui nous permet d’envoyer de l’information aux bons endroits, au bon moment, de périmétrer des secteurs. On est sur un chemin de fer à 8 jours, qui peut aller de la newsletter au lien WhatsApp selon l’information à donner. Sur WhatsApp, on a environ 3 000 professionnels qui redistribuent l’information. On leur laisse une totale liberté pour reprendre, « relogoter » et diffuser l’information auprès de leurs troupes.

Comment améliorer cette organisation en URPS ?

Alors, je pense qu’on aurait à renforcer l’inter-URPS. Les présidents d’URPS, on a l’habitude de travailler des sujets communs, notamment celui des CPTS, au travers du Guichet CPTS. Ça me semble être essentiel que nos cadres, nos élus, et chargés de missions, etc. collaborent aussi pour des sujets communs, pour échanger sur les bonnes pratiques, les bonnes modalités, les idées des uns et des autres. Puisque grosso modo, on défend la même chose : l’art libéral. Il faudrait qu’on soit capables, sur des sujets, de donner un avis commun. Si on regarde devant nous, la crise nous a habitué à collaborer. On était en permanence en correspondance avec les présidents d’URPS pour lever des freins, livrer du matériel entre professions… Il faudrait qu’on soit capables d’acter dans le marbre un certain nombre de consignes et de revendications inter-URPS.

Vous avez été nommé par l’IDEL comme la profession de l’année. Avez-vous une réaction à ce sujet ?

C’est vrai que je sens la profession fatiguée, mais je sens la profession heureuse d’avoir mené ce combat. Je sens une énergie qui dit : « pour le coup, on est totalement dans notre job » ! Enfin, on a compris qu’on avait de larges compétences ! J’ai toujours considéré que la profession était sous-utilisée au regard des compétences.

Souvent, on décriait notre nombre. On dit que les médecins ne sont pas assez nombreux, et que les infirmiers sont trop. Grand bien a pris à ceux qui avaient déverrouillé le numerus clausus à l’époque ! On a vu que c’était ce nombre qui a permis d’assurer le maillage territorial, de gagner en flexibilité, et ça, seul l’art libéral peut le faire !

Ce qu’on perçoit cette année, c’est que notre métier est quand même difficile, y compris quand il n’y a pas le Covid ; mais les gens sont heureux dans leur activité, malgré les contraintes. Et ils sont heureux – on le sait pertinemment – parce qu’ils sont autonomes dans leurs actions et responsabilités. Et il faut qu’on garde cette grande liberté, y compris dans les CPTS. J’ai absolument peur que le régulateur ait tout le temps dans la tête la notion de hiérarchie. Alors qu’il faut laisser cette intelligence aux professionnels, ce dynamisme, la responsabilité qui se cache derrière chaque acte. Je pense que la profession serait extrêmement déçue si, après la crise, tout ce qu’on a été (l’énergie, la capacité organisationnelle, etc.) ne permette d’ouvrir notre profession sur d’autres projets nous concernant. Y compris pour nos collègues médecins et pharmaciens. Je pense qu’il faut qu’il y ait une plus grande confiance du législateur dans nos organisations, et qu’on garde cette qualité.

Que retenir de cette crise, demain ?

Je suis persuadé que le Covid malheureusement ne va pas nous quitter comme ça… Les statistiques européennes et internationales nous le disent. Les centres de vaccination, de dépistage… vont finir par disparaître. Et nous, il faut qu’on réfléchisse déjà à ritualiser le soin dans nos propres exercices. Aujourd’hui, un médecin généraliste sait comment traiter la grippe ou la gastroentérite. Maintenant, il va falloir qu’il rentre dans son nouveau processus les clefs d’automatisation de ce traitement-là. Et les infirmiers et les pharmaciens aussi. Que ce soit de l’isolement, du dépistage rapide… : nos cabinets devront garder tous ces principes de rituels organisationnels, pour qu’on évite d’avoir des vagues ou des pics, à l’automne ou à l’hiver prochain. Dans beaucoup d’endroits reculés, en Lozère, en Ariège etc. c’est déjà organisé comme ça : c’est dans les cabinets que ça se passe, dans les pharmacies, dans les cabinets d’infirmiers, de médecins… Peut-être que ces territoires – dont on dit qu’ils sont les plus déshérités en accès aux soins – seront les meilleurs, demain, pour le Covid ! Il faut anticiper qu’il faudra traiter le Covid en 2021, 2022, 2023, 2024…

Crédit photo : Wikipedia Commons

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Richard Fabre, Président de l’URPS biologistes

Richard Fabre, Président de l’URPS biologistes

Depuis un an, les biologistes travaillent au cœur de la pandémie. Entretien avec Richard Fabre, président de l’URPS biologistes.

 

Comment allez-vous, dans ce long moment, et comment va la profession ?

Personnellement je vais bien, j’ai réussi à échapper au Covid ! Je fais partie des professionnels vaccinés avec deux injections ! Mais je reste toujours prudent.

D’un point de vue professionnel, comme tous les français, on commence à être lassés par cette séquence, qui dure depuis un an pour le moins… On reste mobilisé, mais fatigués et avec le sentiment qu’on est perpétuellement au pied du mur… Quand on a passé la crise de septembre, le post premier confinement, on a vu arriver la montée du deuxième confinement, etc. Quand on a réussi à résoudre la crise, les délais d’analyses, etc. on s’est retrouvé avec les variants… On a l’impression de courir après le virus qui est toujours plus intelligent que nous…

 

Vous avez une profession particulière : biologiste. Comment vous organisez-vous en tant que professionnel pour accompagner les besoins de la population sur le territoire dont vous avez la charge ?

Les laboratoires, ont une organisation en étoile, avec un plateau technique central – qui gère d’une dizaine à quelquefois une cinquantaine de sites périphériques – où les biologistes et leurs collaborateurs sont en contact et à proximité des patients. On a une double activité. D’un côté, au niveau des sites de prélèvements, on a la lourde charge d’assurer les prélèvements massifs des concitoyens, de nos patients en prélèvement nasopharyngé ou autres. Et ensuite d’assurer la logistique sur nos plateaux techniques, où nos confrères doivent gérer des masses considérables d’analyses. Pour vous dire, un plateau technique d’un laboratoire comme le mien fait 4 000 à 5 000 analyses de Covid par jour ! Bien évidemment en plus de l’activité ordinaire ! Donc vous imaginez bien les adaptations considérables que cela nous a imposé !

Nos laboratoires, depuis la crise Covid, fonctionnent 24 heures sur 24, 7 jours sur 7. Avec évidemment des biologistes qui valident, tard dans la nuit ou tôt le matin, puisque nous avons nos contraintes logistiques et nos contraintes de temps et que chaque activité des laboratoires est enregistrée : on sait à quelle heure on prélève, qui on prélève, à quelle heure on aura le résultat, quand c’est validé, etc. Et la facturation est dépendante de tous ces timings. Donc ça veut dire que tous les jours, tout le temps, nos laboratoires sont sous pression. Et nos collaborateurs aussi.

 

Que vous permet l’organisation en URPS ?

L’URPS, au travers de cette crise a véritablement trouvé – je ne dirais pas qu’elle a trouvé sa place parce qu’elle l’avait déjà – mais la crise a démontré et a renforcé son utilité. Le rôle de l’URPS est vraiment d’être le représentant officiel des biologistes de la région face à l’ARS (l’Agence régionale de santé). C’est sa fonction première. Mais dans la crise Covid, il y a d’autres intervenants qui sont arrivés, à commencer par l’hôpital public. Et il a fallu se caler : biologie hospitalière / biologie privée.

Egalement la préfecture, qui a un rôle éminent dans la gestion de la crise : je suis en relation directe avec elle. Sans oublier le rectorat, pour tout ce qui est prélèvement dans les écoles.

Donc, le rôle de l’URPS, c’est vraiment de caler aussi bien sur les plans pratiques, logistiques, que sur les plans politiques : caler le fonctionnement de la biologie avec les tutelles, mais également avec nos confrères des autres UPRS. Et nous nous calons par rapport aux médecins, aux infirmiers, aux pharmaciens et à toutes les autres professions (kinésithérapeutes, podologues, etc.) et qui réglons les interfaces entre nos professions ; jusqu’aux petites frictions qu’il peut y avoir, en toute confraternité ! Donc l’URPS joue vraiment un rôle d’intermédiation qui apparaît, je crois, comme essentiel pour le paysage régional.

 

Comment l’améliorer, à votre avis ?

Pour nous, l’URPS des biologistes, qui sommes une petite URPS – non pas par l’importance de notre métier est central, chacun le sait ! – mais petite, dans le sens où nous avons assez peu de professionnels. Malgré tout, nous pesons très lourd en termes d’emploi, très lourd en termes d’activité. L’URPS, c’est un géant qui s’ignore ! Et c’est vrai qu’on a un budget qui est relativement modeste par rapport à notre profession et à ses besoins. Aujourd’hui, nous avons besoin de collaborateurs, de collaboratrices. On fonctionne quand même grâce à la générosité de nos confrères… Donc, je pense que si nous avions davantage de moyens alloués, cela nous permettrait de développer plus d’actions, car vraiment, nous sommes sollicités ! Aujourd’hui c’est le Covid, mais il y a la prévention, il y a l’informatisation du système de santé, il y a les CPTS, et j’en passe ! Tous les jours, ma collaboratrice, moi-même et mes confrères sommes débordés !

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Antoine Roch, de l’URPS Orthoptistes

Antoine Roch, de l’URPS Orthoptistes

Masque et lunettes ne font pas toujours bon ménage… rencontre avec Antoine Roch de l’URPS orthoptistes.

Un an après le début de l’épidémie : qu’est-ce que le Covid a changé à votre profession ?

Dans le cadre de notre exercice quotidien, il a fallu qu’on adapte nos consultations à toutes les recommandations gouvernementales. Achats de fournitures (masques, lingettes, désinfectants, etc.), réorganiser nos agendas pour espacer les rendez-vous, prévoir le temps de désinfection du matériel et de l’aération des salles de soins, éviter le brassage de patients dans les salles d’attente, condamner ou non l’accès aux sanitaires… C’est sur ces questions inédites que l’URPS a dû communiquer.

Ainsi, après le premier confinement, l’URPS orthoptistes a été un interlocuteur de choix avec l’ARS et les bénévoles, afin de proposer très rapidement une distribution de masques et de visières au niveau régional. Il a fallu organiser cette attribution mais aussi informer nos collègues sur ce qu’ils devaient mettre en place au sein de leur activité pour répondre au mieux à ces nouvelles mesures. Nous avons ainsi eu à gérer l’organisation des premiers moyens d’action à ce niveau-là.

Il faut savoir que l’URPS fait régulièrement le lien entre l’ARS et l’assurance maladie, et informe via les réseaux sociaux ou via un mail (adressé régulièrement à tous les professionnels listés par départements) toutes les informations utiles relatives notamment à la Covid. Par exemple, dernièrement, concernant les questions de vaccination.

Et le rapport aux patients s’est modifié ?

Dans notre pratique, être proche du patient est une quasi obligation. Comment peut-on imaginer renouveler des lunettes sans s’approcher du visage des patients ? C’est impossible. Pour la rééducation, c’est pareil… Il y a eu des expériences de télé-soin, mais cela reste anecdotique. Nous avons dû faire un gros travail d’information en amont avec les patients, et de surcroît avec les enfants : lavage des mains, port du masque, éviter de toucher à tout, aucun accompagnant excepté pour les mineurs, prévenir en cas de positivité ou cas contact avéré, privilégier les échanges par mail plutôt que par courrier… En général, tout le monde a été plutôt réceptif et compréhensif face à ces directives. Globalement, malgré les contraintes, le contact et la distance entre le praticien et le patient sont restés les mêmes.

Là où nous pouvons rencontrer quelques difficultés, c’est concernant le port des lunettes. Avec le masque de nombreux patients, adultes comme enfants, gênés par la buée sur les verres, enlèvent leur correction optique. Nous nous retrouvons donc avec une mauvaise observance des traitements notamment dans le cadre d’amblyopie (port d’un cache sur l’œil) ou de strabisme, où le port de la correction est primordial. Il est donc difficile pour nous d’avoir un réel recul sur les traitements.

C’est dans ce sens que l’URPS s’est interrogée sur les supports d’informations à diffuser pour appuyer le port des lunettes (mails ? affiches dans la salle d’attente ? campagne pluridisciplinaire ? courriers destinés aux enseignants ? courrier du médecin traitant?).

La profession d’orthoptiste dispose de protocoles de coopération orthoptiste/ophtalmologiste permettant des délégations de tâches ; ce qui nous a permis pendant le premier confinement de garder un lien avec les patients. En libéral, il y avait eu un gros arrêt des prises en charge. Mais les dernières avancées de notre nomenclature et l’existence de ces protocoles a permis de faire tenir la filière visuelle. D’où le rôle de l’URPS de communiquer sur ce qui est possible de faire.

Vous avez observé une baisse des venues des patients par peur d’être contaminés ?

Nous nous attendions à une baisse de fréquentation, mais non. Lors du premier confinement, nous avons pratiquement reçu une injonction de fermer nos cabinets. Or, des prises en charges devaient être maintenues comme notamment les contrôles d’amblyopie et autres. Après la crise, dû fait de l’allongement des délais de consultations ophtalmologiques, les orthoptistes libéraux ont répondu présents afin de réaliser certains renouvellements de lunettes. Mais aussi identifier et répondre aux situations d’urgence ou à risque. Certes, il y a eu des interrogations chez certains patients mais nous n’avons pas vu de gens refuser de se soigner par peur de la Covid. Preuve s’il en est de la préoccupation des patients d’Occitanie pour leur santé visuelle. Vous savez quand on voit double, flou, ou si on présente des céphalées ou vertiges intenses, et bien on se soigne !

Qu’est-ce que vous a permis votre organisation en URPS ? Et demain, comment l’améliorer ?

La force de l’URPS c’est de communiquer et de toucher un très grand nombre de professionnels de la région – et pas seulement libéraux. On tient à jour un annuaire, et on a un très bon référencement départemental et régional. Ce qu’a permis l’URPS ? C’est d’informer les professionnels et de donner aux orthoptistes à la fois des informations utiles sur la situation, mais aussi des conseils pragmatiques, des affiches, « des conduites à tenir » de manière à avoir une façon de faire harmonisée au niveau de la région et que chaque professionnel ne se sente pas perdu par rapport à la marche à suivre. A travers les réseaux sociaux, on essaie de répondre assez rapidement aux multiples interrogations et à informer : « l’ARS a dit que… » « vous aviez droit à telle et telle aide, vous aviez droit à tel et tel masque… » : ce genre de choses !

Effectivement au niveau URPS, et puisqu’on parle au guichet : les CPTS ne sont pas encore totalement constituées, les réseaux territoriaux ne sont pas tout à fait en marche, mais je dois dire qu’au niveau local, il y a eu sur WhatsApp ou autre, de nombreux groupes qui se sont constitués, au-delà même de l’URPS. On a pu constater que par territoires, il y avait une grosse dynamique entre professionnels. Pour organiser au mieux les réponses immédiates aux problématiques complexes du confinement d’une part, puis après pour gérer l’afflux de patients, et le fonctionnement des cabinets – et cela au delà des orthoptistes.

Qu’est-ce qu’on peut attendre de l’URPS demain ? On peut continuer à miser sur les outils de communication, et la question des CPTS, qui va être de mieux organiser par territoire cette communication et cette entraide entre praticiens et entre professions est quelque chose d’intéressant ! Ce qu’il faudrait améliorer ? Aujourd’hui, nous, l’URPS orthoptistes, sommes une petite URPS, et pour maintenir à flot des médias d’informations, c’est quand même assez difficile, on ne peut pas le faire tout seul. Si on veut réaliser des contenus plus interactifs et enrichis, c’est plus difficile. L’inter-URPS vient de signer le groupement d’employeurs qui peut proposer des outils aux petites URPS de manière à développer les outils de communication, pour peut-être mieux informer les professionnels et essayer d’être beaucoup plus réactif dans ce qu’on peut proposer. L’URPS doit poursuivre son travail de promotion du travail des orthoptistes libéraux et notamment de rééducation. Les compétences visuelles représentent une part immense dans le développement et les apprentissages de l’enfant. Nous appuyons donc les initiatives dans le dépistage précoce et l’amélioration du parcours de soin chez les plus jeunes. L’épidémie ne doit absolument pas ralentir nos travaux.

Avant la Covid, l’URPS organisait régulièrement des réunions en présentiel, d’information, de formation et d’échange entre orthoptistes libéraux ce qui n’est évidemment plus possible actuellement. Il existe une perte d’interaction et de lien entre acteurs que nous souhaitons corriger. Les orthoptistes font régulièrement preuves d’adaptation et d’ingéniosité dans leur pratique quotidienne, l’URPS va donc continuer à faire de même afin de dépasser les crises.

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3 questions à Bernard Briatte, Président de l’URPS Chirurgiens-dentistes Occitanie

3 questions à Bernard Briatte, Président de l’URPS Chirurgiens-dentistes Occitanie

Un an après le début de l’épidémie : qu’est-ce que le Covid a changé à votre profession ?
Les chirurgiens-dentistes sont des professionnels de santé habitués à manier et à porter du matériel médical de protection, comme le masque et les gants et à gérer le risque infectieux. Cette image hautement sécurisée de notre exercice ne fait que renforcer le professionnalisme de la profession. Ceci étant, avec la crise sanitaire, les chirurgiens-dentistes ont dû renforcer leurs mesures de précaution. Ce qui s’est traduit par repenser l’organisation des rendez-vous et la gestion des soins (les cabinets soignent moins de patients), et le respect de protocoles d’hygiènes stricts (la protection des patients et des praticiens nécessite plus de matériel).

Comment se protéger en tant que professionnel ?
Les chirurgiens-dentistes sont clairement les professionnels de santé les plus exposés. Ils sont pourtant moins contaminés que les autres professionnels de santé. Discipline et rigueur sont sans doute les clefs de voute de cette protection
Si cette crise n’a pas entaché leur moral (73% des praticiens restent globalement satisfaits de leur métier malgré la crise contre 79% en 2019, cf Information dentaire 12/2020), elle a par contre sans aucun doute remis fortement en évidence l’importance du bien-être au cabinet dentaire.

Est-ce que le Covid a modifié votre rapport aux patients ?
Contrairement au reste de la population qui est majoritairement en télétravail, les chirurgiens-dentistes sont au contact humain tous les jours. Le rôle sociétal du chirurgien-dentiste est renforcé. Instaurant un rapport d’empathie face à la douleur de ses patients, le chirurgien-dentiste se trouve dans une position valorisante, alors même que la société et en crise.
Mais au quotidien, la communication « non verbale » est plus difficile avec les masques.

Que vous permet votre organisation en URPS ?
L’URPS a permis l’obtention des EPI indispensables à la reprise : la recherche et l’achat d’équipements de protection individuelle (EPI) par l’URPS ont permis que les gardes soient assurées en toute sécurité dans toute la région et que les praticiens puissent reprendre leur activité dès le déconfinement.

Aussi, l’URPS a permis d’informer nos confrères, notamment par la mise en place d’un éco-système digital (site internet et page Facebook). L’URPS informe les praticiens occitans des dernières actualités sur la Covid que ce soit en lien avec leur exercice professionnel ou leur environnement de santé.

Et demain, comment améliorer cette organisation ?
Cette crise sanitaire a mis en évidence la nécessité de renforcer « l’interpro » pour une meilleure communication à destination des professionnels de santé. Renforcer l’union des professions de santé libérales, par la mutualisation de leurs outils et moyens de communication, permettrait une meilleure synergie à destination des professionnels de santé en cas de force majeure.

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Trois questions à Françoise Bernadberoy-Prido, présidente de l’URPS Sages-femmes Occitanie

Trois questions à Françoise Bernadberoy-Prido, présidente de l’URPS Sages-femmes Occitanie

Un an après le début de l’épidémie, qu’est-ce que le Covid a changé à votre profession ?
Ce n’est pas le fond de la profession qui a changé, ce sont les complications qui vont avec le virus : toutes les contraintes, les mesures barrières, l’aménagement du temps de travail, des locaux, le nettoyage des locaux… Je dirais que nous sages-femmes, avons finalement la chance d’être moins « impactées » que d’autres professions, car moins susceptibles que les autres de voir des patients malades.

Qu’est-ce qui a changé dans votre rapport aux patients ?
Pas grand-chose, hormis que la communication qui est plus compliquée, car on porte le masque. Pour les patientes qu’on voit en rééducation par exemple, ce n’est pas tout à fait pareil. Et il y a un peu plus de contraintes, pour donner les mesures barrières, les mesures de protection… Après, globalement, je n’ai pas été trop embêtée, et le rapport aux patientes n’a pas beaucoup changé. Peut-être que j’ai des patientes très disciplinées !

Votre organisation en URPS vous a-t-elle facilité la tâche ?
Elle nous a surtout permis de rappeler à l’ARS que nous existions ! Comme effectivement nous ne sommes pas très impactés par les conséquences du virus, tout ce qui avait trait au champ de la natalité a été un peu oublié dans l’urgence de l’épidémie. Ça nous a donc permis de prendre les choses en main, et de rappeler que nous existions : un domaine de la santé qui peut paraitre très important mais qui dans les faits ne l’est pas vraiment. Comme nos patients ne sont pas malades, il me semble clair que dans le champ de la santé en France, tout ce qui a trait à la périnatalité est souvent oublié. Nous sommes plutôt dans une médecine de prévention, que dans un champ de soin.

Comment améliorer demain cette situation ?
En faisant en sorte qu’on arrête de nous oublier ! (Rires) Ça vient petit à petit. Les sages-femmes, en général, nous ne sommes pas nombreuses. Et ça se retrouve dans l’URPS précisément, car on a un petit budget. Et qui dit petit budget dit représentativité moindre, donc moins de présence effective sur le terrain… C’est un peu notre problème avec les autres petites URPS. C’est la raison pour laquelle nous avions demandé de l’aide pour la communication, et l’ARS a donné un budget !

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