Transfert «très longue distance» en avion de patients Covid-19 : c’est possible

En mars dernier, quatre patients Covid-19 ont été transférés en avion entre La Réunion et Paris, dans le cadre d’une évacuation sanitaire (Evasan). Lors du Congrès urgences 2021, l’anesthésiste-réanimateur Lionel Lamhaut (Necker AP-HP) est revenu sur cette expérience de transfert «très longue distance» – et en tire des conclusions positives.

Cette première opération, nommée Hippocampe était «une première sur une aussi longue distance et durée avec des cas graves». L’avion (Dreamliner d’Air Austral) était découpé en trois zones : une zone de repos pour le personnel soignant, un sas, et «l’hôpital embarqué», avec les civières et le matériel.

Pour Lionel Lamhaut, ce vol a permis de tirer des enseignements quant à la préparation des équipes, l’autonomie énergétique, les prévisions et précautions autour de la consommation d’oxygène (notamment grâce à l’extraction des données des respirateurs après le vol). Ces informations servent à affiner la sélection des patients pour de futurs transferts. « A cause de l’altitude, on ne pourra pas ventiler suffisamment certains patients, qui sont à récuser d’office (…) grâce à ces données, on peut maintenant anticiper le nombre de patients, en fonction des bouteilles, en connaissant exactement la quantité d’oxygène consommée».

Un retour d’expérience positif, bien que des éléments restent toutefois à surveiller lors de futurs transferts : les variations de pression pour le suivi des gaz du sang et la position des patients, à modifier éventuellement lors du décollage et de l’atterrissage – et la nécessité de réserver ces Evasan aux patients avec des mono-défaillances.

Source : APMnews et sfmu.org



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